Présentation
Sortir de la nuit – froid abîme mortifère traversé (n°5 : « la nuit ») puis transformé par les artifices littéraires en tièdes ténèbres maternelles (n°6 : « l’enfance ») –, fut bien pour nous une naissance. La découverte des instincts vécus dans la vie atmosphérique nous a préparé à l’exploration d’un monde mutique et donc encore plus étranger à notre condition rationalisée, mais pourtant présent, frémissant aux portes de notre peau à chacun : celle de l’animal. L’homme, faussement séparé de l’animal qu’il est comme l’âme du corps ; l’homme, qui, à vouloir extirper son animalité, a traité son prochain comme une bête dont la vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue ; l’homme, qui s’arroge ainsi droit de vie et de mort sur choses et êtres, doit redécouvrir sa part animale. Déterminant tous les autres, c’est le plus grand des enjeux pour lui.
Sommaire
- ÉDITORIAL -
Mathieu Hilfiger : La littérature comme nostalgie animale
- POETIQUE DE L’ANIMAL -
Michel Deguy, Animalières
Jean-Charles Vegliante : Bouge
Mathieu Hilfiger, poèmes
Olivier Leplatre, Mimétique de l’animal dans les Fables de La Fontaine
Christopher Bouix : Le x et le y de l’animal.
Stéphane Mallarmé, Lewis Carroll – le « ptyx » et le « snark »
Chiara Mengozzi, Se focaliser sur les animaux :
Une lecture de En attendant les barbares de J. M. Coetzee
Béatrice Fortin, Être humain-auprès-de-soi et de son animalité
Christine Kossaifi, D’amour et de mort. La colombe dans l’imaginaire gréco-romain
Cécile Dudouyt, Romain Gary, Les racines du ciel : peut-on ne pas être un éléphant ?
- CAHIER -
Judith Chavanne, poèmes
Alexis Villain, dénuement
Pierre Cendors, Terre du vide (extraits)
Cécile Dudouyt, Psyché orientale
W. S. Merwin, The Miner’s Pale Children (extraits). Traductions de Daniela Hurezanu
Jacques Houssay, poème lauréat du concours de poésie 2007